Accueillir la peur comme une amie

Au cours de mon processus de Retour à l’Essence, j’ai appris à accueillir la peur, alors que toute ma vie je n’avais su que la repousser. Ayant appris à être forte et à la surmonter, je la refoulais, sans me douter qu’elle se cristallisait en moi et qu’elle prenait sans cesse de l’Expansion, me faisait souffrir toujours davantage et me limitant.

C’est en relisant l’article « Barcelone : Accueillir la peur », coécrit avec Sylvie Olivier, que j’ai ressenti le désir d’aller plus profondément dans ce thème.

La peur porte de nombreux visages, elle se déguise. Elle nous pétrifie, nous terrifie, nous paralyse. Elle nous empêche d’être réellement nous-mêmes et de vivre une vie en harmonie avec qui nous sommes dans l’Essence, bien au-delà de ce que le mental veut et croit bon pour lui.

Les temps ont changé… le monde, la planète, les gens aussi. Qu’en est-il de la peur?

Je repense souvent à l’Homme de Cro Magnon. De quoi pouvait-il bien avoir peur s’il ne connaissait rien? Dans ce monde de pierres et de terre, là où l’argent, les titres, les vêtements signés et la luxure n’existaient pas? Où la télévision, les magazines et les réseaux sociaux ne pouvaient lui dicter ce qu’il devrait être pour être aimé et accepté?

La mort est la seule réponse qui m’ait semblé évidente. La peur pouvait alors lui être bien utile, lui donnant un petit « boost » d’adrénaline afin qu’il puisse survivre. Nous ne sommes toutefois plus à l’ère de chasser le mammouth. Pourtant, la peur de mourir est l’une des plus grandes peurs de l’être humain, ce qui n’a jamais vraiment fait de sens pour moi puisque personne ne sait vraiment ce qu’est la mort. Comment peut-on alors la craindre?

Nous ne pouvons en fait qu’en craindre l’image. La perte, le manque qui créent impérativement… la souffrance. C’est cela que nous craignons au fond.

Nous sommes devenus maîtres dans l’art de repousser pour ne pas souffrir, allant jusqu’à nous couper de nous-mêmes et de l’Amour Pur qui nous habite pour ne plus ressentir. Nous avons appris à nous taire, à fuir, à mentir. Nous avons cessé de communiquer et de partager, afin de ne jamais avoir à faire face à la souffrance. C’est tout ce que nous connaissions. On m’a d’ailleurs dit quand j’étais petite : « Fais comme si tu étais un manche à balai. Tiens-toi droite. Un balai, ça n’a pas d’émotions ».

Ainsi ai-je appris à me taire, à tout garder en moi et surtout, à ne pas déranger. Je sais aujourd’hui, un an et demi après avoir dit OUI à revenir à l’Essence de qui je suis et avec l’assistance de Sylvie et Bernard, que toutes ces émotions que je refoulais se cristallisaient en moi, dans mon système nerveux et glandulaire, créant toutes sortes de maux et de couches de protection, me coupant de moi-même un peu plus chaque jour.

J’ai entendu tant de fois : « Marie-Eve, toi t’es forte ».

J’ai pris conscience dans mon parcours de la dernière année que d’être forte, c’était de tenter de déjouer la vie, d’être supérieure à ce que nous appelons l’adversité et la souffrance qui l’accompagne, alors que je sais maintenant pour l’avoir vécu, que ce ne sont que des opportunités, parfois drôlement inconfortables je l’accorde, de revenir à l’Essence.

Le courage lui, demande une grande ouverture. Le choisissant, nous disons oui à accueillir la peur comme une amie, à laisser remonter tout ce qui nous terrifie et que nous avons si soigneusement camouflé. Nous donnons alors momentanément à la peur la permission d’exister, afin qu’elle puisse se décristalliser à travers la respiration, comme me l’a rappelé Sylvie Olivier.

Je ne sais si c’est ma nature sensible, mais je libère beaucoup par les pleurs, alors que d’autres ne ressentent que très peu d’inconfort. Je me sens souvent « braillarde » et j’accueille parfois la peur d’être rejetée pour cela. Je réalise toutefois au travers cet article que si ça n’avait été de cette merveilleuse hypersensibilité qui m’a permis d’évacuer au travers les larmes, j’aurais sûrement « pété au frette », car la peur était toujours en expansion dans ma vie. Plus je la refoulais, plus je la cocréais et se cristallisant toujours en moi, les tensions du corps prenaient aussi de l’expansion.

J’ai rencontré Sylvie et Bernard à un moment où mon corps avait atteint sa limite d’endurance. Il ne pouvait plus en prendre. Il m’avait averti tant de fois, mais je ne savais quoi faire pour le libérer. Je n’en pouvais plus de vivre dans cette lutte acharnée, une fuite sans fin. Il devait y avoir autre chose. Même si je n’avais aucune idée de ce dans quoi je m’aventurais, mon cœur était prêt à dire le OUI le plus retentissant qui soit, à revenir à l’Essence.

J’écris ces lignes deux mois avant la conclusion du Dévoilement Ultime de la Divine Féminine, ce mentorat de neuf mois qui m’a permis de libérer tant de peurs et de contractions! J’accueille présentement une très grosse blessure de vie. Si je trouve cette période d’accueil vraiment intense par moments, je réalise que ce ne sont que des heures, voire des minutes dans toute une vie, qui tracent la ligne entre la résistance, qui crée la souffrance, et l’accueil, ouvrant sur la liberté intérieure et la paix. En d’autres mots, quelques heures d’inconfort pour des années de légèreté. La seule clé requise est l’ouverture à plonger en soi.

« Dans le Dévoilement, on se dévoile », a dit Bernard lors d’un des appels du mentorat.

Je l’ai trouvé très drôle sur le coup, mais en accueillant cette blessure, je ressens toute la puissance de ce mot. Afin que l’Essence puisse se dévoiler, l’accueil de la peur est impératif. Tant que nous tentons de lui résister, nous bloquons le passage vers cette source infinie d’Amour Pur en nous, vers cette unicité si merveilleuse.

Dans cette grande aventure, j’en arrive à ce moment où la peur, que j’ai toujours vue comme une ennemie, devient une amie. Quand elle se présente à moi, je l’écoute désormais. Je prends un moment pour me déposer et la laisser parler. Elle reprend vie, momentanément. Je la laisse circuler, respirant profondément. Je pleure, si j’ai à pleurer et je crie parfois, si j’ai à crier. C’est rapide, ou plus long. Parfois léger, parfois douloureux, mais dans tous les cas, c’est passager. C’est comme une tempête, sauf qu’au travers l’accueil, l’orage intérieur un jour, passe son chemin.

Je vous invite aujourd’hui à voir la peur d’un nouvel œil, avant de l’accueillir comme une amie. Elle existe à la base pour nous protéger, mais la seule chose dont nous nous protégeons au fond, c’est de la souffrance.

Dans la Neutralité du cœur, ce repère doré de l’Essence, la souffrance n’existe pas.

Cet espace est disponible et accessible pour tous. Il ne suffit que d’un OUI!

 

 

2 Commentaires
  • isabellep1065
    Publié à 12:17h, 11 Septembre

    Merci Marie-Ève pour ce beau texte. Depuis quelques jours, depuis mon retour de voyage en fait, je me sens inconfortable.Je n’arrivais pas à comprendre ce qui ce passait en moi. Mais en lisant ton texte, les poils de mes bras se sont dressés et j’ai senti que c’était une peur profonde que je ressens à l’intérieur. Il me semblait avoir fait un grand ménage avec la peur avant de partir en voyage, mais il faut croire que ce n’est pas terminé. C’est toujours un plaisir de lire tes textes inspirants. Merci xx

    • Marie-Eve Lamontagne
      Publié à 11:34h, 13 Septembre

      Bonjour Isabelle. Merci pour ce beau partage qui me fait chaud au coeur. Je comprends vraiment ce que tu peux ressentir. Je me suis aperçue au travers le dévoilement que nous avons plusieurs couches des mêmes peurs, et que de nouvelles apparaissent parfois au grand jour. C’est parfois confrontant je l’avoue, mais tellement libérateur en même temps. Nous avons la chance de comprendre ce qui se passe et d’avoir des outils/ressources pour nous assister. Ça fait une énorme différence pour moi avec avant, quand j’étais enlisée dans ces peurs et dans la souffrance. Nous n’avons pas vraiment de contrôle sur le « grand ménage » à ce que je constate!!! Comme nous sommes toujours en expansion, cette expansion se passe aussi à l’intérieur.
      Je te souhaite une douce expérience d’accueil et de libération, et merci de nous partager ton expérience. Bisous xo Marie-Eve

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